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Covid-19 : « Je continuerai d’en porter, et même des FFP2 »… Pour eux, la fin du port du masque est prématurée

A la veille de la levée des dernières restrictions sanitaires dans l’Hexagone, certains lecteurs de « 20 Minutes » jugent prématurée la fin de l’obligation de porter le masque. Un avis partagé par l’épidémiologiste Antoine Flahault

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  • A compter de ce lundi 14 mars, le pass vaccinal ne sera plus exigé, et le port du masque en entreprise et à l’école ne sera plus obligatoire.
  • Si la levée du pass vaccinal semble mettre tout le monde d’accord, la fin du masque dans les lieux clos en inquiète certains, qui jugent la mesure prématurée.
  • Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, « la levée de cette obligation aurait dû être conditionnée à des indicateurs sanitaires de décrue épidémique ».
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Comme un retour au monde d’avant. Le chef du gouvernement, Jean Castex, l’annonçait il y a quelques jours : à compter de ce lundi, le 14 mars, fini le pass vaccinal. Idem pour l’obligation de porter le masque dans les derniers lieux publics clos où il était encore de rigueur : désormais, les enfants pourront le retirer dans les classes, et dans les entreprises, les adultes pourront redécouvrir les visages de leurs collègues.

Alors, ce lundi en France, après deux ans de pandémie et de restrictions sanitaires, le monde se divisera en deux catégories : ceux qui auront la banane et une irrépressible envie de chanter « Libérée, délivrée » (la chanson dans la tête, c’est cadeau !), et ceux qui flipperont, le masque encore bien vissé sur le nez, jugeant que la levée des restrictions est trop prématurée.

« Le pass vaccinal, bon débarras »

Pour le moment, Manon « ne compte pas tomber le masque dans les commerces et autres lieux clos. Mais la levée du pass vaccinal, je trouve que c’est génial. J’ai 24 ans et j’ai hâte de recommencer à vivre pleinement ma jeunesse ! » Un enthousiasme partagé par Thierry, pour qui il ne servait « pas à grand-chose ». Et par Isabelle : « Le pass vaccinal, bon débarras, puisque de toute façon, les vaccins ne bloquent pas les contaminations ».

« Le pass vaccinal n’a pas montré une très grande efficacité à protéger des transmissions, confirme Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à Genève. En revanche, le pass vaccinal, consécutif au pass sanitaire, a eu pour effet de booster la couverture vaccinale, et les vaccins anti-Covid ont démontré leur très grande efficacité contre les formes graves, les hospitalisations en soins critiques et les décès, précise-t-il. Aujourd’hui, si le gouvernement juge que ce pass est arrivé au terme de son action, on peut comprendre qu’il décide de le lever ».

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« La levée du port du masque est prématurée »

Ravie de la levée du pass vaccinal, Isabelle l’est beaucoup moins s’agissant de la fin du masque. « Quelle folie de le retirer dans les lieux clos ! Je compte bien continuer à le porter, mais comme beaucoup d’autres ne le feront pas, je serai moins protégée et ça m’inquiète ». Pour Dominique, « cette mesure est déconnectée de la situation épidémiologique, aucun indicateur annoncé par le gouvernement n’est atteint. Le masque devrait être maintenu dans la situation actuelle de circulation virale soutenue ». D’ailleurs, Aniece, qui a « attrapé le Covid et contaminé [son] conjoint et ses parents très âgés », n’est pas rassurée. « Je viens d’apprendre qu’un couple d’amis est aussi positif dans mon village de 3.000 âmes, et depuis quelques jours, il y a beaucoup de cas positifs. Ne baissons pas la garde trop vite ». Pascale juge ainsi que « la levée du port du masque est prématurée, car il y a toujours des décès et des entrées en réanimation ».

En pratique, « le masque est censé réduire le risque de transmission, donc l’obligation de le porter ne se justifie que lorsque la circulation du virus dans la communauté est élevée. Lever l’obligation de le porter doit donc être conditionné à des indicateurs sanitaires de décrue épidémique, insiste Antoine Flahault. Si, comme l’avait indiqué Olivier Véran devant le Sénat, on le conditionne à un taux d’incidence inférieur à 300, à moins de 1.500 patients hospitalisés en soins critiques et à un taux de reproduction effectif, le fameux R, durablement inférieur à 1, c’est raisonnable. Mais ce n’est finalement pas ce que compte faire le gouvernement, puisque la levée des restrictions est fixée au 14 mars quels que soient les niveaux de ces indicateurs, déplore l’épidémiologiste. Or, nos modélisations montrent qu’on sera à un taux d’incidence supérieur à 500, et qu’alors que de moins en moins de tests sont réalisés, le taux de positivité augmente. Mardi dernier, il y avait 93.000 contaminations, ces chiffres montrent que la circulation du virus est élevée, et repart même à la hausse [Les derniers chiffres disponibles, ce samedi, font état de 72.443 contamination en 24 heures, en stagnation. Nous sommes sur des chiffres plus importants que le sommet de la cinquième vague de décembre, dominée par le variant Delta, c’est énorme. Donc l’obligation de porter le masque se justifie encore. D’autant que le 14 mars, selon nos prévisions, on aura très probablement un R supérieur à 1 ».

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